Les cascades du hérisson

 

                                                       Voilà une belle histoire très ancienne  de la Franche -Comté,

                                              Les phots, sont les cascades du Jura,

 

                                            La légende de " La Tante Arie " ,

 La Tante Arie est une fée bienfaisante du pays de Montbéliard .

 Elle parcourait jadis le pays en tout temps , alors qu'aujourd'hui  elle ne vient plus qu'à Noël , pour apporter des jouets aux enfants   sages et des verges  aux méchants  et aux désobéissants . Dans ces temps aussi , le village de Villars-les-Blamont était souvent à sec , le ruisseau  sur lequel on a bâti , voilà trois cent ans , le moulin du prince  n'existant pas encore .

 Donc, un soir, la Tante Arie , sous la forme d'une vieille mendiante , vint à Villars  et frappa  à la porte de la plus be'lle maison  du village , où elle demanda asile pour la nuit .

Cette maison  appartenait à une "coudri " ( couturière )  qui gagnait tout ce qu'elle voulait  avec son aiguille  et son dé , car elle était bien habile  dans son état : on lui eût fait tort en disant le contraire . Mais,  si elle était riche , elle n'était guère " brave " ( honnête ) : elle ne se gênait pas pour couper , de la toile ou du drap  qu'on lui confiait , de bons morceaux qu'elle mettait de côté pour elle-même . De plus ,  son coeur était aussi dur que son doigt , avec le dé au bout : elle eût refusé un morceau de pain à son propre père , s'il se fût relevé de la tombe pour lui demander l'aumône .

Photo du pont d Avignon franche-comte

Villars -les-Blamont, le pont,

 Elle refusa donc fort vilainement  la Tante Arie et la chassa  en la traitant de paresseuse qui, bien sûr , avait dans sa jeunesse , aimé la danse plus que le travail , sans quoi, elle ne se verrait pas , à présent,  obligée de vivre aux dépens  de ceux qui valaient mieux qu'elle .

 Sans rien répondre à ces mauvaises paroles , la Tante Arie  se dirigea vers une toute petite maison  appartenant  à une pauvre femme , laquelle n'avait d'autre bien  qu'un maigre champ avec, au bout,  un blessonnier  ( poirier sauvage ) .

 Elle reçut de son mieux  la Tante Arie , et comme justement elle venait de faire la lessive d'un fermier  qui lui avait donné en paiement une miche  de pain noir , elle en coupa un bon  virecoinat (  morceau faisant le tour de la miche )  et le donna à la Tante Arie , avec une grosses poignée de ses plus beaux blessons ( poires sauvages ) .

Elles soupèrent ensemble  et couchèrent sur une botte de paille . Vers minuit , , la Tante Arie réveilla la bonne femme  et lui dit :

<<  Puisque vous avez si bon coeur , je vous accorde que la première chose  que vous ferez demain matin  vous la ferez toute la journée >> . puis, elle disparut .

Vue du Haut-Jura

La bonne femme , quoique bien étonnée , se rendormit et, le lendemain matin, alla secouer son blessonnier  pour sa provision du jour . Mais voilà que plus  elle secouait , plus les blessons tombaient  et cela dura jusqu'au soir  et le tas de blessons était plus gros que la maison .

La felle en fit du cidre , meilleur que celui de pommes , et de l'eau de vie , qui vaut mieux que le kirsch : elle en vendit et, de l'argent , acheta deux beaux champs , un pré  et même une vache , de sorte qu'elle fut à son aise  le reste de ses jours .

 Chacun parlait , au village,  de cette récolte de blessons  et de la chance de la femme , la couturière pensa étouffer de dépit  d'avoir refusé sa fortune  en renvoyant la mendiante .

De ce jour , elle la guetta du matin au soir  par sa fenêtre , au cas ou elle reviendrait  et se piqua même plus d'une fois les doigts avec son aiguille .

Elle n'attendit pas longtemps : à pareil jours de la semaine suivante , à la brume , la mendiante passa devant la porte  de la couturière , qui courut aussitôt après elle et la pria  de vouloir bien accepter le souper  et la couchée pour cette nuit .

Lac de Vouglans

La pauvresse accepta et fut régalée d'une bonne omelette au lard , avec du pain frais  et un verre de vin , après quoi ,elle coucha dans le propre lit de l'avare .

A minuit , la Tante Arie se leva et dit a son hôtesse :

<< Pour le bien  que tu m'as fait , je t'accorde que la première chose  que tu feras après le levé , tu la fera toute la journée .>>

Puis, elle disparut  et la couturière se promit bien  de ne pas se faire payer en blessons , mais elle prépara ses écus pour les compter dès le lever du jour .

Elle se tournait  et se retournait  dans son lit  et ne put se rendormir  que vers trois heures  du matin , mais d'un si profond sommeil  qu'elle se réveilla  quand le soleil entrait dans sa chambre . Elle sauta du lit  en pensant à tout l'argent  perdu depuis l'aurore et voulut courir à ses écus , mais elle se sentit pressée d'une necessité dont, ordinairement , grands et petits  s(aquittent à leur lever .

Elle voulut donc s'en libérer , mais le liquide bientôt déborda par terre , forma d'abord une rigole , puis un ruisseau , qui jusqu'au coucher du soleil , ne fit que s'accroître .Les fondations  de la maison en furent minées ; elle s'écroula le lendemain , ensevelissant meubles et pièces d'etoffe , ce qui ruina la couturière  et la mit à l'aumône .

C'est depuis lors  que coule , à Villars , le ruisseau sur lequel notre prince fit construire un beau moulin  qui dura bien longtemps .

Les Monts-Jura dans le Haut-Jura

                                 C'est beau le Jura, et j'adore les montagnes,

                          J'espère que cette très ancienne légende de ce village vous a plu, car elle est réelle, cela a vraiment existé, et le ruisseau aussi,

                              Le temps se couvre les amies,  il fait moins chaud,  donc peut-être des coups de tonnerre ce soir,

                      A tout a l'heure  Fabien se réveille, gros bisous,mes amies,

                                  Orléanie

Pâturages en altitude du Haut-Jura

Les cascades du hérisson

Vue du Haut-Jura, Saint-ClaudeSaint-Claude,